- Nous assistons à une résurgence des guerres d'agression et d'expansionnisme, menées par des régimes autoritaires ou dictatoriaux, qui cherchent à justifier leurs actions par des idéologies fondées sur le nationalisme, le culte de la force, la glorification d'une identité nationale irréductible et irréconciliable avec les autres – et donc sur la négation même de l'idée d'universalité des droits et de l'humanité partagée de tous les peuples.
- La vision impériale du monde repose sur un principe d'inégalité. Les pays les plus faibles sont perçus comme des objets de conquête ou de contrôle, jamais comme des partenaires. Les sociétés démocratiques, désignées comme ennemies par les néo-empires parce qu'elles offrent une alternative au pouvoir absolu, doivent être défendues contre les guerres d'agression.
- Les grandes puissances s'engagent dans des guerres d'agression, menacent d'utiliser la force contre leurs voisins et bafouent le droit international. De plus, des guerres civiles ravagent de nombreux pays à travers le monde, provoquant des catastrophes humanitaires extrêmement graves. Ces conflits internes sont souvent alimentés par les rivalités entre puissances et la course aux ressources naturelles. Les populations souffrent considérablement sous le joug des seigneurs de guerre.
- Ce grave recul est lié à la montée de l'autoritarisme et aux atteintes à la démocratie et aux droits humains. Des régimes autoritaires émergent dans des pays autrefois démocratiques, tandis que les régimes dictatoriaux se font plus répressifs et s'attaquent sans pitié aux aspirations universelles à la liberté.
- L'application cynique de la loi du plus fort dans les relations internationales est liée à l'instauration de régimes autoritaires, inégalitaires et kleptocratiques. La montée des inégalités économiques est l'une des principales causes du succès des politiques autoritaires et nationalistes. Un pouvoir politique autoritaire et corrompu sur la scène intérieure se comporte également de manière prédatrice et sans retenue dans les relations internationales. La politique, tant intérieure qu'internationale, est mise au service de l'oligarchie au pouvoir et de ses intérêts commerciaux.
- Nous, humanistes, promouvons la paix et la solidarité internationale. La Déclaration d'Amsterdam (Déclaration de l'humanisme moderne) énonce notre engagement : « Nous sommes convaincus que l'humanité a le potentiel de résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée, grâce à la liberté de recherche, à la science, à la compassion et à l'imagination, dans le but de promouvoir la paix et l'épanouissement humain.. »
- Le Déclaration d'Oslo clarifie et proclame notre engagement en faveur de la paix et d'une culture plus pacifique. La récente Prise de position : Le défi mondial à la démocratie libérale, au pluralisme et aux droits humains universels affirme que la laïcité est un fondement démocratique : «La laïcité politique, la neutralité de l'État en matière de religion ou de conviction, est indispensable à la stabilité de la démocratie libérale, et la « démocratie libérale, caractérisée par la laïcité, le pluralisme, l'État de droit, la séparation des pouvoirs et la garantie des droits individuels pour tous, demeure le système politique le plus conforme aux idéaux éthiques de l'humanisme ». »
- La montée en puissance du secteur technologique privé – plus puissant que nombre d'États – qui cherche à étendre sa domination sans rendre de comptes, exacerbe la crise de la démocratie. Il est impératif de résister à la tentation d'instaurer une gouvernance technologique et de rétablir pleinement le débat démocratique.
- Tandis que l'autoritarisme prospère sur l'anarchie, l'exploitant et la perpétuant, la démocratie et le respect des droits de l'homme sont, au contraire, la meilleure garantie de relations internationales fondées sur la diplomatie, le multilatéralisme et le non-recours à la force.
- Le comportement des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, qui portent la responsabilité première du maintien de la paix, et qui, pourtant, attaquent et menacent leurs voisins, a plongé les Nations Unies dans une crise profonde. Or, seuls les principes des Nations Unies sont capables de garantir la paix mondiale ; il est donc impératif de les réaffirmer et de renouveler le fonctionnement de l'ONU.
- Les relations internationales fondées sur l’état de droit et le multilatéralisme sont favorisées non seulement par l’existence de la démocratie, mais aussi par des politiques de lutte contre les inégalités. La société ne saurait se réduire à une arène de compétition sans fin entre individus ; elle doit être un lieu où chacun a sa place et où la solidarité est garantie. De même, les relations entre les peuples doivent reposer sur un sens renouvelé de la solidarité internationale, afin d’assurer la réduction des inégalités entre les pays et la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que des droits civils et politiques.
- La lutte pour une société internationale pacifique implique donc le combat pour des sociétés démocratiques respectueuses de l'État de droit et des droits humains, et qui s'efforcent d'améliorer les conditions de vie des populations. Elle implique également des politiques visant à réduire les inégalités économiques, tant au sein des sociétés qu'entre les pays.
- Face à la loi du plus fort, l'humanisme promeut des relations internationales pacifiques, fondées sur le droit, l'équité et la solidarité. Il est urgent de renouveler le multilatéralisme sur des bases plus démocratiques, en incluant tous ceux qui rejettent la loi du plus fort et en soutenant les humanistes et les démocrates du monde entier.
Référence académique suggérée
« Reconstruire le multilatéralisme » , Humanists International, Assemblée générale, Ottawa, Canada, 2026